• Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee), un classique anti-racisme

    Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee), un classique

    Ma note : 19/20

    Fiche Technique:

    Titre original : To Kill A Mocking Bird

    Titre français : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

    Titres alternatifs : Quand meurt le rossignol (1961) ou Alouette, je te plumerai (1989)

    Genres : [Classique] Autobiographie, enfance, policier, anti-racisme et préjugés, tolérance, justice

    Auteure : Harper Lee

    Année : 1960

    Pays d'origine : Drapeau des États-Unis Etats-Unis

    Nombre de pages : Dépend des versions (pour 20 chapitres)

    Adapté : Oui (voir le film Du silence et des Ombres)

    Synopsis : Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

     

    Si le nom ne déclenche peut-être aucune réaction en France, aux Etats-Unis, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et par extension son auteure Harper Lee sont des trésors nationaux. Publié alors que le pays de l'Oncle Sam se déchire sur les droits des personnes de couleur, ce livre a été un tel vent frais sur le pays qu'il a été récompensé du prix Pulitzer l'année suivante.

    même Homer Simpson l'a lu, c'est pour dire!

    L'histoire nous entraîne donc aux Etats-Unis, dans le comté de Maycomb en Alabama, pendant la Grande Dépression. Si la Guerre de Sécession a déjà eu lieu (et donc il n'y a plus d'esclavage), le racisme est omniprésent aux Etats-Unis, et en particulier dans les Etats du Sud. Jean-Louise Finch dite Scout nous raconte à travers ses yeux d'enfant le procès le plus suivit de Maycomb, celui opposant un homme Noir à une femme Blanche, celle-ci l'accusant de l'avoir violée. Atticus Finch, le père de Scout, un homme droit et rigoureux se fera l'avocat du Diable de l'homme Noir.

    Dès le premier chapitre, Scout nous apprend déjà le dénouement du livre, mais comme peut-être 90% des lecteurs vous allez l'oublier rapidement.

    Donc l'aventure commence lorsque Scout et son frère Jem rencontrent Dill, le neveu de leur voisine Miss Stephanie, pendant les vacances. Ils se lient d'amitié et passe l'été à jouer ensemble. Et l'un de leur jeu préféré, c'est d'essayer de faire sortir Boo Radley de sa maison. Après avoir entendu maintes et maintes histoires à son sujet (et au sujet de toute la famille d'ailleurs), et en les rejouant ensemble pour s'amuser, malgré la nature terrifiante de ces histoires. Une sorte de fascination malsaine est née.

    L'été se termine, Scout rentre à l'école pour la première fois de sa vie et Jem y retourne, et Dill est reparti dans le Mississippi. Scout a horreur de l'école et passe tout son temps à se faire réprimander - ou se battre, au choix. Un jour, un de ses camarades de classe "l'insulte" en affirmant que son père défend les Nègres. En effet, son père, Atticus, avocat de son état se retrouve dans une affaire qui "le touche personnellement" : il va devoir défendre un homme Noir contre une femme Blanche. Le Noir, Tom Robinson, est accusé d'avoir violée Mayella Ewell, une femme Blanche qui vient pourtant de la famille la plus décriée et la plus pauvre du coin. Tom risque la peine de mort. 

    Je ne sais pas trop par où commencer, et comment vous parler de ce livre. Déjà, je dois vous dire que j'adore Scout. Et la voir grandir à travers toute cette histoire, aussi bien moralement que physiquement m'a fait encore plus aimer le livre. La narration de Scout est innocente et simple, et en même temps sophistiquée. Si se faire raconter une histoire aussi grave par le biais d'une enfant peut en rebuter certains (de peur que ça tombe dans le niais et la simplification à l'extrême ou au contraire, que le personnage soit tellement complexe qu'il ne ressemble plus à un môme), sachez que Scout est savamment bien écrite, avec une maturité impressionnante, et une innocence enfantine qui lui donne une vision du monde bien à elle, le tout enrobé dans une enveloppe badass de petite fille qui, en 1930, ne se laissait déjà pas marcher sur les pieds en tant que fille et s'opposait déjà au sexisme (imposé par sa tante Alexandra...). Elle est très intelligente et vive et a toujours l'intention de bien faire. Loyale, et aussi intègre que son père, elle déteste l'injustice. Une héroïne toute choisie pour un roman qui prône la tolérance et le respect du prochain.

    they see me rollin', they hatin'

    Le livre est vraiment très captivant, bien qu'il fasse quelque fois s'accrocher sur certains passages, notamment lorsqu'on parle d'histoire américaine et autres références que seuls nos amis américains peuvent comprendre sans explications. Les notions d'amitié, de respect et de tolérance et d'ouverture d'esprit sont développées dans une belle histoire millimétrée, qui exploite ses intrigues et sous-intrigues en ne laissant rien au hasard. Le double sens de ce que dit Atticus à ses enfants quand ils obtiennent leur première carabine est l'essence même du roman.

    "[...] - Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c'est un péché que de tuer un oiseau moqueur. " - Atticus Finch, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, 1960.

    En effet, tirer sur un oiseau moqueur, un oiseau qui ne fait que chanter de tout son cœur sans jamais endommager ou ennuyer l'Homme et ses biens, est un oiseau sacré, et tuer quelque chose d'aussi bon et aussi innocent est un crime. Et le parallèle avec certains personnages est très poétique et symbolique. 

    Mention spéciale à Atticus Finch aussi appelé l'homme parfait. Et en tout cas s'il ne l'est pas, la narration de Scout l'érige en véritable héros. Aucune faille, aucune brèche. Loyal, rigoureux, intègre et bon chrétien qui plus est! 

     

    Ce que j'en conclus, c'est que Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un excellent livre, un coup de maître comme on dit, qui mérite d'être lu et étudié en France et partout dans le monde, alors que ses problématiques sont encore terriblement ancrées dans nos sociétés actuelles. Je retiens surtout la volonté de montrer que derrière les genres, les sexes, les couleurs de peau, les religions ou n'importe quoi, on est tous des êtres humains, tous pareils. Et aussi, très important : il ne faut pas tirer sur un oiseau moqueur!

    Ma note : 19/20


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