• Le théorème des Katherine (John Green) entre humour, amour et maths

    Ma note : 16,5/20

    Fiche Technique:

    Titre original : An Abundance of Katherines

    Titre français : Le théorème des Katherine

    Genres : [Young Adult] Slice of life, amour et amitié, road trip, surdouance et potentiels intellectuels, maths, humour

    Auteur : John Green

    Année : 2015

    Pays d'origine : Drapeau des États-Unis Etats-Unis

    Nombre de pages : 267 (pour 20 chapitres)

    Adapté : Non

    Synopsis : Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux. Dix-neuf fois la fille s'appelait Katherine. Pas Kathie, ni Kat, ni Kittie ni Cathy et surtout pas Catherine mais KATHERINE. Et dix-neuf fois, il s'est fait larguer.

     

    J'adore John Green, et je pense que vous aussi. Même si je n'ai pas lu tous ses livres, ceux que j'ai dans ma bibliothèque sont régulièrement relus. C'est donc normal que le style de la couverture propre à du John Green ainsi que le gros autocollant "par l'auteur de Nos Etoiles Contraires" a fait des bisous à mes yeux.

    Le Théorème des Katherine, c'est un roman extrêmement court (pour ceux que je lis en tout cas), et totalement addictif. Il est très drôle, a des personnages très attachants et le plus important (pour moi) : CA PARLE DE MATHS, PUTAIN!

    Mais attention, je vous vois venir les maths-haters (aussi appelés les L)(ne me tapez pas). Ce roman, même s'il joue avec les mathématiques, n'est ni chiant (c'est du John Green, oh!), ni sélectif. Vous n'avez pas besoin d'avoir fait maths sup pour le comprendre, et c'est très bien.

    Pour le pitch, on part sur Colin, un jeune de 19 ans qui est un nouveau bachelier, et aussi nouveau célibataire. En effet, le lendemain des résultats, il rompt avec K-XIX, sa dernière petite amie. Vous vous demandez sûrement, pourquoi bon Dieu la nana s'appelle K-XIX et si je n'ai pas oublié les mentions "science-fiction" et "cyborg" dans la fiche technique, mais non. Laissez-moi vous expliquer. Colin est sorti avec 19 filles au cours de sa vie, et devinez quoi? Elles s'appelaient toutes Katherine. KA-THE-RINE. Dans cet orthographe là. Katherine. Moi je me dis, punaise, ce gars a mis un coup de poing aux statistiques. Dix-neuf nanas, dix-neuf Katherine. Enfin bref, vous avez compris donc. La deuxième particularité de Colin, à part être attiré par ce prénom (et d'être à moitié juif, mais ça c'est un détail), c'est d'être surdoué. Pas un génie. Un surdoué. Et ça l'affecte beaucoup, lui, veut être un génie, inventer et révolutionner, et avoir sa "minute Eurêka".

    Donc, pour récapituler, notre petit surdoué s'est fait jeter et il l'a vraiment mal pris. Très, très mal. Si mal qu'après avoir rendu ses tripes, relu l'album du lycée et fait des anagrammes, avec la petite dédicace de son ex, il reste au sol dans un état de semi-transe, une douleur persistante dans sa poitrine. Bref, la joie.

     

    Mais Colin a au moins un ami sur cette Terre - sans compter ses parents -, ami qui se trouve être un libanais en surpoids bi voir trilingue, totalement décalé, répondant au nom de Hassan. Ce dernier, propose alors à la loque qui lui sert d'ami de partir en road-trip sur les routes américaines pendant les vacances, pour se vider l'esprit.

    Nos deux amis vont arriver à Gutshot dans le Tennessee, intrigués par la présence de la supposée tombe de l'archiduc François-Ferdinand, celui dont l'assassinat a provoqué la Première guerre mondiale. Si vous vous posez la question, c'est bien sûr une arnaque, étant donné que ce cher François est mort à Sarajevo, ce qui fait quand même une petite trotte jusqu'au Tennessee. Mais bon, c'est un road-trip, et Colin est curieux. Lorsqu'ils arrivent là-bas, Hassan et Colin rencontrent donc Lindsey, employée et accessoirement fille de la gérante du "Royaume de Gutshot", petite épicerie et guichet pour visiter ladite tombe.

    C'est en route vers la fausse tombe que Colin trébuche et au même instant, a enfin sa "minute Eurêka".

    Colin lorsqu'il couche son graphique

     L'idée de génie de Colin, c'est tout simplement qu'une relation amoureuse (voire même une vie amoureuse) est traduisible en graphique (et donc par une formule), et qu'il peut donc en prévoir la fin et qui larguera qui. Pour les curieux, la formule ressemble à ça :

    (désolée, je ne l'ai pas trouvé en français, double mal de tête pour certain)

     

    Si notre ami Colin est à fond dans son théorème, il apprendra quand même, pendant ces vacances, en travaillant pour Hollis, la mère de Lindsey, que les gens sont imprévisibles.

    Pour commencer, j'adore le style un peu brouillon de John Green. Cette impression que le narrateur ait sa propre conscience, et la façon de décrire les sentiments et les pensées des personnages de façon extrêmement drôle (Jean Trop Serré... t'es sérieux John Green?). En plus, Le théorème des Katherine est l'un des rares bouquin d'amour d'ado vue par le mec. Et je trouve ça vachement cool. Ensuite, c'est quelque chose qui m'a tout de suite plu, les annotations en bas de page. Ces annotations sont à lire absolument, c'est une tranche de rigolade garantie, en particulier lorsqu'il y a du graphique (#Graph4Life). Le livre est léger et sans prise de tête, un road-trip entre un arabe et un juif, une belle histoire qui aurait pu finir par sodo... rien oubliez...

    Et comme vous savez que j'aime rire et j'aime les punchlines, j'ai vraiment adoré le personnage de Hassan. Il a été parfait du début à la fin, aussi bien en tant qu'ami (pas intéressant... les vrais comprendront), qu'en distributeur de punchlines. D'ailleurs, Colin en aura de belles lui aussi.

    Et en parlant du juif à lunettes, j'ai beaucoup aimé ce personnage avec ses côtés maladroit et déconnecté de la réalité. Je trouve qu'il a une jolie évolution le long du bouquin et qu'il apprend beaucoup de choses sur lui et le monde qui l'entoure, ainsi que sa relation avec Lindsey et la façon dont chacun déteint sur l'autre. On notera aussi que malgré son apparence de nerd, Colin est quand même un champion de la relation amoureuse, étant donné qu'il est sorti avec quand même dix-neuf filles différentes le long de ses dix-neuf ans d'existence. Qui peut se targuer d'avoir fait mieux? Pas moi en tout cas. Cassage du mythe de l'intello à lunette éternel célibataire!

    Sheldon Cooper aime ça

    Le petit point négatif restera peut-être lié au style de l'auteur, c'est que quelque fois j'ai eu l'impression d'être un peu perdue dans l'histoire. Mais rien de grave, car pour contrebalancer, le roman est très addictif et très prenant. Il vous suffit de lire quelques lignes pour retomber dedans l'air de rien pour des heures. Et ça, c'est la définition d'un bon livre.

     

    En définitif, Le théorème des Katherine, à l'inverse de son grand-frère Nos Etoiles Contraires ou La Face Cachée de Margo ne brille pas spécialement pas son scénario ou son intrigue millimétrée, mais par son humour, son auto-dérision et sa légèreté et surtout ses valeurs d'amitié, d'amour et d'acceptation de soi. Mettant en scène et histoire d'amour d'un héros atypique, autour d'un road-trip mathématique et décalé, il a au moins le mérite d'être plutôt original et totalement loufoque, ce qui vous décrochera du sourire à l'hilarité. Un bon livre pour s'évader.

    Ma note : 16,5/20

     


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