• Blackout Total : le film a fait ce qu'il a pu...

    Ma note : 11,5/20

    Fiche Technique

    Titre français : Blackout Total

    Titre original : Walk of Shame

    Réalisateur : Steven Brill

    Année : 2014

    Durée : 95mins (1h35)

    Acteurs principaux : Elizabeth Banks (Meghan Miles), James Marsden (Gordon)

    Société de production : Sidney Kimmel Entertainement & Lakeshore Entertainment (distribué par Metropolitain Films Export)

    Pays d'origine : Drapeau des États-Unis États-Unis

    Genre : comédie

    Synopsis : Meghan, présentatrice télé d'une trentaine d'années, a passé une sale journée. Non seulement elle vient de se faire larguer par son fiancé, mais elle n'a pas obtenu la promotion qu'elle convoitait… Pour lui remonter le moral, ses copines l'emmènent faire la fête toute la nuit. Mais le lendemain matin, elle se réveille dans le lit d'un parfait inconnu, sans argent, ni téléphone portable. Alors qu'elle parvient tout de même à consulter sa messagerie vocale, elle apprend qu'elle est de nouveau en lice pour décrocher le boulot de ses rêves. Arrivera-t-elle à temps à la chaîne de télé pour passer une audition ? Rien n'est moins sûr…

     

    La comédie c'est mon dada. J'adore rire, j'adore les punchlines et j'adore les situations cocasses. Mais en matière de comédie comme tout est relatif, on tombe sur de l'excellent, du très bon, du bon, du moyen et du moyen bof. Et Blackout Total, est moyen bof. Je mentirai si je disais que je ne me suis pas fendue la poire une seule fois le long du film. Mais en plus d'être clairement bon public, les blagues sont assez répétitives et lassantes, et le scénario est totalement tiré par les cheveux. Mais bon, on a vu pire.

    Meghan Miles est présentatrice télé. Alors qu'elle était en directe d'un reportage sur la SPA, elle se fait agresser par des chats. La vidéo devient virale et Meghan est passablement contente et beaucoup humiliée. Mais la chance sourit aux malheureux, et elle arrive à décrocher un entretien d'embauche pour une grande chaîne de télé, CBN, en tant que leur nouvelle présentatrice vedette. Sauf qu'après le calme vient la tempête et qu'après avoir enregistré les nouvelles sur sa chaîne de JT pourrie fini l'enregistrement du journal, elle est rentrée chez elle pour se faire plaquer par son fiancé Kyle. Et parce que finalement le scénario destin s'acharne sur la pauvre, c'est finalement Wendy Chang qui a été prise et pas elle. Alors que ses amies sont là pour la réconforter. On voit deux choses dans cette scène : que le personnage de Denise est un putain de cliché sexiste de la fille qui s'habille "un peu court" et qui est conne comme ses deux pieds, et que Meghan est le cliché de la fille parfaite qui n'ose même pas dire "putain" et râler. On va s'attendre donc a une folle aventure pour lui faire comprendre que la femme parfaite est une connasse n'existe pas. Trois remarques sexistes et remplies de slutshaming* plus tard, Meghan enfile la robe jaune de Denise (celle que vous voyez sur l'affiche)et part s'ambiancer en boîte avec ses amies, histoire de déverser sa rage sur un pénis. Je vous l'accorde, c'est pas finaud...

    Quelques boissons alcoolisées et secouements de booty après, c'est une Meghan complètement torchée qui se trompe d'endroit en voulant aller aux toilettes et qui finit par se verrouiller à l'extérieur en sortant par la porte coupe-feu pour incendies. Et en prime, elle se coince un talon sur la plateforme. Sa vie est nulle. Et c'est alors qu'un le gentleman qu'elle va bientôt chevaucher apparaît pour sa sauver de cette situation désespérée. Et suite à une scène de rentre-dedans plutôt gênante le scénario peut enfin continuer et nous faire passer à la fin de la première partie du film : coït l'aventure d'une nuit. Complètement torchés et suite à une folle after-party chez ce séduisant gentleman qui s'avère être barman et romancier, ce qui devait arriver arriva.

    Les photos dossiers comme on dit dans le jargon. Pratique pour détruire une vie. Enfin bref, voilà ce qui est vraiment arrivé :

    Après s'être prodigieusement envoyée en l'air, Meghan se réveille avec la gueule de bois et surtout un dégoût non-dissimulé pour son attitude d'hier. Tout en explorant l'appartement de sa conquête telle Dora pour trouver ses vêtements, elle cherche son téléphone. Puis grâce à... au scénario qui doit continuer, même si elle ne trouve pas son téléphone elle arrive quand même à consulter ses messages sur le fixe de sa conquête. Elle apprend au passage que Wendy Chang, celle qui devait être la nouvelle présentatrice de CBN a été remerciée avant même sa première apparition. En effet, elle a des photos d'elle sur Twitter avec une autre fille, photos qui "pourraient compromettre l'image de la chaîne". Ce qui est représentatif du degré d'homophobie aux Etats-Unis. Meghan récupère sa robe jaune pendue à la fenêtre en enfermant au passage un chat possédé par le démon dans une caisse en bois. Cependant, le Mal frappe à nouveau et par la puissance de l'invocation du chat poussage de scénario, Meghan, effrayée part en trombe de l'appartement avec ses chaussures et ses clés. La voiture de la pauvre ayant été garée sur un espace interdit, elle a été emmenée à la fourrière sous ses yeux. Voyant un taxi non loin, elle saisit l'occasion et demande au chauffeur (qui manque de lui tirer dessus) de la conduire à la fourrière. Manque de bol c'est un étranger qui n'a pas l'air de bien comprendre l'anglais, et sur un malentendu, il va emmener notre présentatrice vedette dans une maison close. Et ne vous en faites pas, ce n'est pas la dernière fois qu'on va la prendre pour une prostituée.

    Je ne suis pas une pute

     Vagabondant de quartiers en quartiers, faisant son chemin jusqu'à la fourrière, Meghan tombera sur biens des choses pendant sa marche de la honte.

     

    Avant de s'attaquer au fond du film, on va parler de ce qu'il a voulu faire et de quoi il en est "tiré". A vrai dire, la walk of shame (marche de la honte en français) est un phénomène courant dans la vraie vie, et comme traduit dans le film, c’est tout simplement le trajet de chez sa conquête du soir jusqu’à chez soi, le plus souvent avec une énorme gueule de bois, les vêtements de la veille (et si t’as de la chance tu les a pas dégueulassés), les cheveux en bataille et le maquillage qui est parti faire la guerre du Vietnam. Si ce phénomène est quasiment moins honteux pour les hommes, c’est une véritable galère pour les femmes, et beaucoup de femmes comme Amber Rose qui n’ont pas honte de coucher partout (comme les hommes le font), militent pour que la marche de la honte ne soit plus si honteuse que ça. Car après tout si nos copains avec un pénis le font, pourquoi nous on devrait se sentir gênée d'avoir une aventure sans lendemain?

    D'ailleurs, une autre thématique que le film aborde avec difficulté, c'est celle du slutshaming.

    *Note : "le slutshaming que l’on pourrait traduire par « stigmatisation des salopes », consiste à rabaisser ou culpabiliser une femme à cause de son comportement sexuel (pratiques, nombre de partenaires, vêtements « provocants »…)." Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie vers le site madmoiZelle.com, qui explique ça en détail.

    Ici si le mot du jour est « ololilolol regardez elle est habillée « comme une pute » et a couché avec un homme qu’elle reverra jamais » (ça fait beaucoup de mots) est censé faire rire, il passe moyen. Si déjà le personnage de Denise frise le sexisme (non pas frise, est sexiste), le reste du film va de remarques sexistes en remarques sexistes avec sa bonne grosse dose de malaise. Honnêtement, pour la scène des deux policiers qui l’arrêtent, j’avoue ne pas voir de slutshaming, mais plutôt un tacle envers cette pratique. En effet, ce n’est pas parce qu’on porte une robe moulante au ras des genoux qu’on est une travailleuse du sexe. La scène voulait ridiculiser les policiers (dialogues, les deux personnages assez clichés et celui qui exagère et répète tout de son collègue) sans heurter ni pointer du doigt Meghan. Cependant, la pilule passe mal après toutes ces vannes passablement drôles sur l'allure de notre héroïne qui doit en avoir marre de se faire traiter de pute, de salope, de traînée et tout le champ lexical qui va avec.

    On passera les stéréotypes du types les noirs qui dealent du crack ou l'adolescent binoclard porté par ses hormones perverses, la police, les religieux et on passe à la fin du film.

    « I am a good girl », phrase revenue plusieurs fois aux lèvres de Meghan et à celles de ceux qui la décrivaient. Dans ce film on a aussi cette morale un peu à double tranchant que se torcher la gueule et coucher avec des inconnus c’est ne pas être une fille bien, mais c'est pas grave parce qu'on ne peut pas être parfaite. Je crois personnellement que ce n’est pas ce genre de choses qui définissent les filles biens des filles pas biens, mais plutôt leurs actions. Tu peux être Mère Theresa et te pinter tous les samedis soirs en mini-robe ou être le Diable en personne mais n’avoir jamais bu une goutte d’alcool. Mais la petite morale de l’histoire reste aussi « je ne suis pas celle que vous croyez ». Poser les yeux sur une personne et en tirer des jugements et conclusions sans la connaître, c’est ce qui rend la marche post-coïtale honteuse. Personne n’a le droit de vous juger pour votre robe ou vos aventures sans lendemain. Personne n’est non plus parfait et l’image de la fille bien et raisonnable ne devrait pas être quelque chose qu’on doit être mais qu’on choisit d’être.

     

    Sinon, dans un tout autre registre, on peut saluer la beauté de la robe porté par une Elizabeth Banks qui joue bien son rôle. Le film n'est pas spécialement laid ni spécialement beau. Il reste dans la moyenne, avec de jolis plans, des scènes qui s'enchaînent assez bien et une bande-son... une bande-son quoi. C'est moyen.

     

    En conclusion, Blackout Total aura été une déception. S'il ne prétendait pas être la comédie du siècle, il n'a été qu'un divertissement vite regardé et aussi vite oublié. Niveau punchline on tourne vite en rond, et le malaise pointe le bout de son nez quelques fois durant le visionnage. Un peu moins problématique dans sa morale et dans son humour que Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu, Blackout Total essaie de dédramatiser "la marche de la honte", ce qui est un bon point, mais fait le chose de manière bien trop... peu subtile. Blackout Total reste une comédie à regarder un soir d'ennui si vous n'avez rien de mieux à faire, sans être au niveau d'un Very Bad Trip, vous pourriez l'aimer et rire devant.

    Ma note : 11,5/20


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